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Congrès FNPF : Les producteurs de fruits débattent sur leur environnement

Acr664269387413213616Les producteurs de fruits ont beaucoup échangé sur la notion d’environnement à l’occasion de leur 70e congrès national, en mettant l’accent sur la communication et la valorisation de leur métier.

C’est à Agen en Lot-et-Garonne, dans le fief du pruneau, que les producteurs de fruits se sont retrouvés à l’occasion de leur 70e congrès national, les 27 et 28 janvier. Luc Barbier, président de la FNPF, n’a pas caché les raisons de l’organisation de cette édition dans ce département, resté aux “mains” de la Coordination rurale à l’occasion des dernières élections aux Cham-bres d’agriculture, “afin de soutenir la fédération départementale dans sa démarche de reconquête. J’ai vu le syndicalisme minoritaire destructeur du monde agricole, qui aboie avec les loups et qui nous dit ce qu’il faut faire. Nous devons réfléchir à ce que nous sommes (…). Je préfère la dénomination de syndicat unitaire à celle de syndicat majoritaire”, a déclaré le président de l’association spécialisée de la FNSEA. Avec des débats sur l’environnement, au cœur de l’actualité, ce nouveau congrès a été “studieux”. S’agissant de l’absence de Stéphane Le Foll à Agen, et faisant référence à ses déclinaisons d’invitations aux précédents congrès, Luc Barbier a précisé, “il n’est pas là, parce qu’on ne l’a pas invité“. L’enjeu majeur de la recherche Les sujets abordés en tables rondes à l’occasion de ce congrès ont permis aux adhérents de la FNPF de communiquer sur la vision de leur métier en balayant les grands thèmes qui préoccupent aujourd’hui la profession. Sur les phytosanitaires, l’absence d’une réglementation européenne fait toujours débat. S’agissant des techniques pour produire les fruits de demain, des voies de progrès existent. “La lutte biologique en est une, et nous devons trouver des systèmes qui permettent de surveiller plutôt que traiter”, a annoncé Alain Berger, administrateur de la FNPF, qui a souligné la participation active de la FNPF aux commissions du CTIFL ainsi qu’au GIS Fruits. Les interventions à la tribune ont permis d’illustrer les pistes de recherche, qu’il s’agisse de nouvelles formulations de produits plus respectueux de l’environnement, de systèmes d’application fixes, au-dessus des arbres, permettant de supprimer les dérives ou des systèmes de protections physiques contre les bio-agresseurs en vergers. S’agissant de recherche et d’innovation, Luc Barbier a rappelé dans son discours de clôture la nécessité d’investir dans ce domaine. Les incertitudes sur le financement du CTIFL étant levées, le dossier sur l’avenir des stations régionales a été évoqué comme un enjeu majeur. “Nous avons décidé de nous atteler à la tâche dès cet automne”, a annoncé Luc Barbier. Pour une communication positive des pratiques La communication auprès du grand public préoccupe les producteurs de fruits. “Avec Interfel, nous sommes impliqués dans cette démarche”, a rappelé Guillaume Seguin, secrétaire général adjoint à la FNPF. L’actualité du moment, ce sont les messages lancés au grand public sur l’utilisation des phytosanitaires avec la diffusion de reportages à charge sur les chaînes télévisées. Sur le registre de la désinformation, les producteurs de fruits se souviennent encore du reportage diffusé sur France 2 en mars 2015 dans “Envoyé Spécial” sur le thème de l’utilisation du Smartfresh pour la conservation des pommes. “C’est l’émission qui a fait le plus de dégâts. Elle est au-dessus de tous les épisodes précédents”, soupire Daniel Sauvaitre, toujours hanté par ce gros plan de la tête de mort figurant sur la porte du frigo, et le sentiment que le producteur de fruits chez qui le reportage a été réalisé, a été joué par l’équipe de journalistes de France 2. Amer, le président de l’ANPP n’en reste pas moins convaincu que le consommateur a besoin d’info, et qu’il ne faut pas fermer la porte aux journalistes. Pour Serge Michels, de l’agence Protéines et auteur du livre “Marketing de la peur”, une des solutions est de former les producteurs au média-training, “il faut prendre la place dans le débat. Le journaliste fait son métier, il faut préparer sa réception”. Pour Daniel Sauvaitre, “le vrai travail consiste à être proactif”. Et citant les opérations des vergers ouverts au grand public, le président de l’ANPP a invité les producteurs de fruits à s’engager dans une communication positive de leurs pratiques. L’origine France se valorise Quant aux démarches environnementales, que les producteurs de fruits ont engagé depuis des années, elles connaissent des fortunes diverses, mais elles sont des atouts, notamment à l’export. “L’origine France se valorise bien sur l’Asie et le Moyen-Orient”, a expliqué Daniel Soares, responsable marketing international d’Interfel. C’est aussi le cas du kiwi de l’Adour qui a pris les parts de marché de l’Italie sur Taiwan, “même si c’est un cas isolé”, a expliqué François Lafitte, membre de la commission export d’Interfel et président de Primland. Plus près de nous, “l’origine France a les faveurs des détaillants”, a lancé Jérôme Desmettre, membre du bureau de l’UNCGFL. Il n’en reste pas moins vrai, et c’est le cas pour la pomme Ariane, que le consommateur ne perçoit pas toujours le côté environnemental d’une production, que la distribution ne “paye” pas à sa juste valeur, avec au final, des producteurs qui ne valorisent pas leurs fruits. La communication sur le “concept environnement” pour créer de la valeur a de beaux jours devant elle. MB

 

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