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Vallée du rhône : Coups de cœur côté bio

Acr664269387413210498En marge du Millésime Bio, qui s’est tenu à Montpellier du 25 au 27 janvier, une amoureuse du vin s’est livrée à une sélection issue du salon mondial du vin biologique.

Difficile de faire son choix et son palais sur les 97 Côtes du Rhône présentés au salon du parc des expositions de Montpellier. Le soir du lancement, une dégustation particulière était proposée au bar de l’Hôtel du Midi, place de la Comédie. Parmi tous les échantillons goûtés, la sélectionneuse du soir a retenu vingt domaines AOC bio, histoire d’évaluer la tendance 2016 de l’événement, qui a attiré 4 500 visiteurs sur trois jours. Première AOC bio Journaliste au Monde, spécialiste ès vins et néo-vigneronne, Laure Gasparotto était « enthousiasmée » d’avoir été choisie pour cet exercice de sélection inédit. « J’accepte rarement ce genre de choses, car je n’aime pas trop être prescripteur », prévient-elle. Mais avoir le privilège de goûter une petite centaine de vins bio rien que pour soi, ça ne se refuse pas ! « Je n’ai pas eu de problème à faire cette sélection », admet la journaliste qui reconnaît cependant qu’elle n’en aurait pas choisi « un de plus ». Le compte est bon, mais quid des liquides ? « J’en connaissais deux ou trois, mais ce n’est pas parce que c’est bio que c’est bon ! » Au fil de la dégustation, les amateurs éclairés ont pu découvrir les choix de Laure Gasparotto qui n’avait retenu qu’un rosé, un Tavel (Cave de Tavel, 2014) et quatre blancs (trois Côtes du Rhône et un Crozes Hermitage) pour mettre en avant les rouges. Pas étonnant quand on sait que les Côtes du Rhône rouges sont la 1re AOC bio des vins de la Vallée du Rhône, soit 80 % des ventes. À la quasi-unanimité, les goûteuses et goûteurs du soir ont sensiblement suivi l’instinct de la spécialiste. Coup de cœur indéniable, le Domaine du Joncier (Lirac, cuvée Les muses, 2012), élégamment complexe et tannique. « On y revient forcément », s’emballe Laure Gasparotto. Elle ne sera pas la seule. Suivent Le Clos du Caillou (Côtes du Rhône, cuvée Nature, 2014), un bio sans soufre, et le Domaine la Cabotte (CDR Villages Massif d’Uchaux, cuvée Garance, 2014). Un top 3 plus qu’honorable. La revanche du Languedoc Si l’engouement des marchés européens pour le vin bio se confirme encore cette année avec 88,5 % d’acheteurs européens hors France, comme le précise Inter Rhône, ce n’est que justice, pour Laure Gasparotto. En publiant un livre à quatre mains avec Olivier Jullien (La mécanique des vins – Le réenchantement du Languedoc, Grasset), cette historienne de formation a voulu « rendre hommage à une région qui vaut le coup ». Longtemps certifié biologique, le vignoble d’Olivier Jullien est un exemple de ténacité. Le parcours du vigneron, installé depuis 30 ans à Joncquières, au nord de Montpellier, méritait selon Laure Gasparotto une mise en lumière, même tardive. « Cela représente trente ans de combat d’un homme qui a enduré les humiliations lors de salons parisiens où les gens ne goûtaient même pas son vin ». Le Languedoc et ses vins n’ont peut-être pas vraiment fait rêver pendant des décennies, mais leur renouveau est incontestable. Côtes du Rhône ou Coteaux du Languedoc n’ont plus à rougir de leur réputation. Philippe Douteau

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