Bonjour

Grandes cultures : Le plan de relance de la filière blé dur prend ses marques

La 18e journée blé dur, organisée par Arvalis à Aix-en-Provence était consacrée au plan de relance de la filière et à sa déclinaison dans le Sud-Est.

P8L’ensemble des opérateurs nationaux de la filière blé dur était réuni le 2 février dernier à Aix-en-Provence pour la 18e Journée consacrée au Plan de relance de la Filière et à sa déclinaison régionale en Paca/Sud-Est. Un plan (2015-2020) présenté il y a un an déjà, et qui a été détaillé par Jean-François Gleizes, président du comité de pilotage de la filière Blé Dur.

Relancer la production

Suite à un recul depuis 3 ans, l’objectif de ce plan est la relance de la production et son développement, de retrouver sa capacité à fournir les marchés grâce à la mise en œuvre de « leviers » permettant de produire 3 M de tonnes/an tout en doublant les surfaces de production : 600 000 ha en 2020 contre 325 000 ha en 2015 (287 000 ha en 2014).
« Cette augmentation de production doit permettre à notre filière  de reconquérir ses parts de marché”, explique-t-il, “et d’apparaître comme incontournable auprès des pays importateurs, en volume et en qualité. C’est d’autant plus important que depuis les dernières crises, on sait qu’il est difficile de reconquérir des marchés perdus. »
Ce plan d’envergure nationale, qui anticipe plus de 80 000 ha en 2016 veut prendre en compte les spécificités de toutes les régions, en particulier celle du Sud-Est, dont les contraintes évoquent les bouleversements climatiques à venir. C’est ce qu’a rappelé en introduction Nicolas de Sambucy, président du comité régional des céréales FranceAgriMer : « Nous sommes passés de 69 000 ha en 2007 à 41 000 ha aujourd’hui. Cela fait de nous les premiers producteurs en blé dur mais notre filière reste petite au regard du chiffre d’affaires par rapport à ceux d’autres productions : 36 M€/an. Cela tient à plusieurs raisons. D’abord les producteurs sont en  polyculture (vigne, arbo, etc). Diversification qui provient d’autres productions plus rentables et qui explique en partie ce déclin du blé dur. Le tout associé à des contraintes climatiques évidentes. »

Prendre en compte les paramètres liés au Sud-Est

Ce plan de relance national, rappelle Jean-François Gleizes, n’aura d’efficacité que si on intègre bien tous les paramètres liés au Sud-Est, dont les performances sont moindres. « Nos objectifs sont ambitieux. Le plan soutient la mise au point de nouvelles variétés en lien avec les travaux des obtenteurs. La résistance aux maladies, l’augmentation des rendements et leur régularité dans le temps font partie du programme technique mis au point par Arvalis et ses partenaires. L’amélioration des qualités technologiques, la résistance au stress hydrique et thermique sont les autres axes forts de ce plan. D’ailleurs nous allons mettre en place des comités régionaux où les producteurs sur place seront les ambassadeurs techniques de la filière. Chaque bassin de production doit bénéficier d’un accompagnement spécifique. Les structures existantes doivent être soutenues, créées si elles n’existent pas. Vingt à trente agriculteurs par différente région seront mobilisés courant 2016. L’idée est de désigner des fermes de référence servant à communiquer sur le blé dur. » Derrière ce plan se cache un bras de fer avec les pouvoirs publics au sujet de la Pac. Les producteurs veulent faire reconnaître le blé dur comme culture à part entière. Actuellement, via le verdissement, il est assimilé au blé tendre, ce qui irrite Jean-François Gleizes contre les pouvoirs publics car ce n’est rappelle-t-il ni la même filière ni les mê­mes produits, ni le même suivi technique. Plus précisément, le blé dur bénéficie d’une aide couplée de 7 M€ affectée à la production de qualité dans les zones traditionnelles. Somme jugée insuffisante.

S.L.

N'hésitez pas à partager cet article : Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn