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Hérault : Le préfet à la rencontre du monde agricole et viticole

P5Pierre Pouëssel, accompagné de Kléber Mesquida, a rencontré le monde agricole et viticole lors d’une visite au Mas de Cynanque à Cruzy et à la cave coopérative de Quarante. Objectif, faire le point sur l’actualité vitivinicole du département.

Le 13 février, le préfet de l’Hérault, Pierre Pouëssel, est venu à la rencontre du monde viticole et agricole, représenté par la Chambre d’agriculture de l’Hérault, Coop de France Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, JA et FDSEA de l’Hérault et Vignerons indépendants de l’Hérault. Il avait choisi le Mas de Cynanque à Cruzy et la cave coopérative de Quarante. L’occasion pour les professionnels de lui parler de plusieurs sujets dont l’OCM vitivinicole, l’installation en viticulture dans l’Hérault, du contexte de sécheresse annoncé dans le département, de la Pac 2015 et 2016 et de la cartographie des cours d’eau. S’il n’a pas fait d’annonce particulière, le préfet s’est montré attentif aux revendications de tous.

La FDSEA 34 a demandé à l’Etat d’intervenir quant aux dossiers vitiplantation, le transfert de fichiers ayant du mal à opérer entre les douanes et FranceAgriMer, il a été aussi question d’étiquetage de l’origine des produits, du traitement des dossiers Pac 2015 et ceux à venir pour la campagne 2016 et enfin de la cartographie des cours d’eau. La FDSEA souhaitant attirer l’attention sur deux enjeux : hydraulique et biologique. “Nous demandons que la définition jurisprudentielle d’un cours d’eau soit appliquée lors du travail de terrain.” Le syndicat propose plusieurs solutions à la DDTM : sur l’enjeu hydraulique, la profession agricole se dit prête à le prendre en compte à condition que ce point soit examiné sur le terrain et pas systématiquement répertorié en tant que tel sur la carte. Enfin sur l’enjeu biologique, la profession agricole est prête à prendre en compte celui-ci sur la définition de l’écoulement des eaux au moins trois fois dans l’année pendant au moins trois semaines à chaque fois après une pluie. Cette définition a été arrêtée lors des échanges entre la Chambre d’agriculture, la DDTM et la FDSEA 34.

L’eau, enjeu de demain

L’eau était au cœur des revendications des professionnels présents, “l’eau est un enjeu pour demain”, a clamé Jérôme Despey, “elle est fondamentale pour l’économie de nos territoires. On voit apparaître des études qui indiquent qu’en 2050, vu les conditions climatiques, cette région ne serait plus vouée à faire de la viticulture. Aussi de l’eau on en a, il nous faut apprendre à gérer cette ressource, la gestion du foncier et les conditions climatiques font partie des préoccupations de demain, il en va de l’avenir agricole de notre département.”
Quant aux jeunes agriculteurs, ils estiment “crucial de soutenir les jeunes viticulteurs qui portent l’avenir de la filière et d’assurer le maintien de ce foncier viticole qui représente une grande richesse pour l’Hérault”. Et rappellent que les installations en viticulture s’effectuent dans 58 % des cas avant l’âge de 40 ans. Mais ils annoncent que seulement un quart de ces jeunes sollicitent les aides à l’installation (24 % sur 2010-2015). Et d’ajouter “sans ce renouvellement de génération, le dynamisme de la filière s’épuisera emportant avec lui toutes les externalités positives qu’elle génère : économie, emploi, tourisme, attractivité et identité paysagère, etc.” Ils rappellent que l’absence de soutien aux nouvelles plantations ne contribue pas à relancer l’installation, seul facteur pouvant garantir le maintien de la viticulture héraultaise et d’un système coopératif tourné vers l’avenir. Enfin, les JA souhaitent un soutien à l’investissement via une aide à la plantation nouvelle pour les viticulteurs de moins de 40 ans sur les 5 premières années de leur installation. La coopération a profité de cet événement pour mettre en lumière l’importance de la viticulture dans la grande région.

Un déficit en eau d’importance 

Quant à l’association climatologique de l’Hérault (ACH), elle souligne un déficit en eau très important au 31 janvier, les précipitations ayant été minimes entre septembre et janvier. “Les cumuls sont globalement très proches de ceux enregistrés sur le millésime 2014.” Elle fait aussi remarquer que les températures ont été très douces avec un nombre limité de gelées avec pour conséquence une floraison précoce de certaines variétés et des problèmes de dormance sur des arbres fruitiers. Enfin du 1er au 10 février, la pluviométrie est très faible moins de 10 mm sur le Piscénois, le Biterrois, le Minervois et les hauts coteaux, faible de 25 mm sur la vallée de l’Orb, le Lodévois, le bassin de Thau, la vallée de l’Hérault, le Montpelliérais et le littoral, seul le Nord-Est du département a reçu des pluies significatives à Valflaunès (28 mm), Claret (35 mm) et Saint-Jean de Buèges (44 mm).

Des investissements fondamentaux pour l’avenir

Le président de la cave coopérative de Quarante en a profité pour parler des investissements engagés par la cave. “D’ici à dix ans, nous devrions investir quelque 1,5 M€ dont 500 000 € rien qu’en 2016 sur la filtration pour économiser l’eau. La cave historique sera par ailleurs rénovée et un nouveau chai bio sera mis en fonction dans les tous prochains mois”, assure François Garcia qui estime que ces investissements sont indispensables pour remettre de la logique économique dans la filière tout en annonçant qu’il souhaitait le développement de budgets dans la recherche et l’expérimentation et dans le conseil viticole grâce aux techniciens de la Chambre d’agriculture.
Présent lors de cette visite, Jérôme Despey a souhaité faire le point sur les cépages résistants et a annoncé que lors du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer de mercredi 17 février, les ODG devaient remettre leur liste de cépages qui les intéressent, une étude scientifique sera lancée pour permettre de répondre aux attentes des viticulteurs qui souhaiteraient se lancer dans l’aventure des cépages résistants.

Anne-Solveig Aschehoug

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