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INAO : Les cépages résistants à l’ordre du jour

P4Les producteurs de vins AOC réclament de pouvoir accélérer les expérimentations “grandeur nature”. Un projet d’arrêté a été examiné le mercredi 17 février sur l’extension des surfaces autorisées pour l’expérimentation et la possibilité de commercialiser les vins qui en sont issus.

La commission nationale vins AOC de l’Inao a évoqué, mercredi 10 février, la délica- te question de l’introduction de cépages résistants pour la produc- tion de vins sous appellation, al- ternative à l’usage de certains trai- tements phytosanitaires. “C’est une demande récurrente de la filière viti- cole, qui souhaite notamment que soient inscrits au catalogue français des cépages testés avec succès dans d’autres pays comme l’Allemagne, la Suisse ou l’Italie pour en accélérer l’expérimentation en France”, a ex- pliqué Eric Rosaz, le responsable du pôle vin de l’Inao.
Un souhait également partagé par les vins IGP, comme l’a rappelé Jacques Gravegeal le 5 février. “De quel droit devrait-on refaire les tests à la base ?”, s’interrogeait le prési- dent de l’ODG Pays d’Oc, bien dé- cidé à “faire le buzz” sur le sujet. “On veut expérimenter les cépages résistants de manière qualitative” et obtenir “l’inscription au classement et au catalogue de tous les cépages résistants européens”, martelait-il. Mais l’usage de variétés résis- tantes n’est pas sans soulever un certain nombre de difficultés dont les vignerons AOC ont débattu sans tabou la semaine dernière. “La première c’est qu’il n’existe pas de réciprocité entre la France et les autres Etats membres en matière d’inscription, c’est un premier verrou réglementaire qu’il faut lever pour accélérer les expérimentations”, pré- cise-t-on à l’Inao. “Nous allons ré- fléchir au meilleur moyen de faire évoluer la réglementation”.
L’usage de nouveaux cépages soulève en outre des difficultés en matière de dénomination. “Il n’existe aujourd’hui pas de code eu- ropéen sur les noms utilisés pour les cépages”, explique le responsable du pôle vin de l’Institut. “Or certains font référence à des cépages existants (comme cabernet Cortis), ce qui nécessite de vérifier leur lien réel avec le cépage parent pour ne pas in- duire le consommateur en erreur ou à des noms géographiques (par exemple cabernet Jura), ce qui constitue un risque de parasitage pour les appellations concernées”. La France va demander à Bruxelles d’adopter des règles européennes dans ce domaine, a précisé Eric Rosaz.
Ces réserves levées, le comité na- tional a exprimé sa volonté d’agir pour accélérer les expérimenta- tions à grande échelle dans le vi- gnoble. Les producteurs de vins AOC ont ainsi réclamé de pouvoir mener des expérimentations sur 20 ha par bassin viticole et par va- riété et non plus sur 20 ha au ni- veau national et de pouvoir com- mercialiser les vins qui en sont issus en AOC, par dérogation. En Allemagne, les expérimentations sont ainsi menées sur plusieurs centaines d’hectares. Un projet d’arrêté reprenant ces deux dispo- sitions devait être examiné mer- credi 17 février, lors du conseil spécialisé viticole de FranceAgri- Mer. Au cours de cette réunion, le conseil spécialisé devrait égale- ment examiner une liste de cé- pages résistants que les produc- teurs de vins sous indication géographique souhaitent expéri- menter dès l’année prochaine. ■

B.C.

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