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Viticulture : “Vin de France”, une filière à la recherche de volumes

Ne leur dites pas qu’ils représentent les vins sans indication géographique (IG), ils préfèrent parler de “Vin de France”.

guidepratiqueviniIls, ce sont les membres de l’association nationale interprofessionnelle vin (Anivin) de France. Cette interpro a été créée en 2009, suite à la réforme européenne des nomenclatures. Depuis cette date, les vins sans indication géographique produits sur le territoire national sont étiquetés “Vin de France”, avec mention possible du cépage et du millésime. “Sur les étiquettes de nos bouteilles, la France est une indication géographique pour le consommateur mondial”, insiste Laurent Delaunay, président de la commission marketing de l’interprofession.
Car l’ambition de l’Anivin, c’est l’export, et même le grand export. Il ne s’agit évidemment pas d’opposer les vins sous appellations d’origine et les vins de marque. Mais tous les consommateurs “ne sont pas dans une démarche culturelle”.

Pas de marque française dans le top 10 mondial des vins de marque

Dans un contexte de développement de la consommation mondiale, la France, si elle reste leader, peine à s’imposer sur le marché des vins de marque. Entre 2005 et 2014, la part de la France (en volume) dans les échanges mondiaux de vin est passée de 19 % à 14 %. “C’est dramatique”, poursuit Laurent Delaunay. “Car cela veut dire qu’il y a moins de bouteilles françaises. C’est délétère à moyen terme. On a perdu des parts de marché en début de gamme et surtout en cœur de marché. Nous sommes dans un trou d’air”, poursuit-il. Pour l’Anivin, la cause est entendue : “nous n’avons pas de production dédiée. Nous manquons de vins. Nos vignobles sont organisés pour produire et commercialiser des IGP et des AOC”. Résultat : pas une seule marque française dans le top 10 mondial des marques de vin dont les places sont trustées par les vins du Nouveau monde (Californie, Chili, Australie,…).
L’Anivin estime que la France a tous les atouts pour imposer ses marques. Pour y parvenir, il faut se doter d’une véritable stratégie de filière. “L’offre vin de France doit être assumée par l’ensemble de la filière au sein d’une gamme complète de vins français. Elle vient compléter l’offre traditionnelle”, explique Bruno Kessler, vice-président. “Nous voulons avoir la possibilité de produire des vins qui répondent aux attentes des consommateurs”, ajoute Serge Tintané, président de l’Anivin.
Pour cela, “les entreprises doivent avoir une source fiable de production. Car aujourd’hui, aucun modèle économique ne peut se permettre d’avoir des manques de production”.

Un guide pour les viticulteurs

L’Anivin souhaite donc une production dédiée. Cela passe notamment par de nouveaux modes de production. Pour aider le viticulteur, l’interprofession vient d’éditer un “Guide pratique de la viticulture innovante” (éd. Dunod). Cet ouvrage propose de “revisiter les fondamentaux de la viticulture”. L’objectif de l’Anivin est de voir la production de “Vin de France” passer de 1,5 à 2,5 millions d’hectolitres.

O.M.

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