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ICV : Un doublé pour l’Institut coopératif du vin

Le 22 mars au Pasino de La Grande Motte, l’Institut coopératif du vin a organisé son assemblée générale et fêté ses 70 ans.

P9Un jour de fête quelque peu assombri par les évènements dramatiques de Bruxelles pour lesquels le président de l’ICV, Denis Verdier, a demandé à l’assemblée, près de 400 personnes, une minute de silence, “la meilleure réponse que l’on puisse avoir face à ceux qui prônent l’obscurantisme, c’est de continuer à vivre et être des femmes et des hommes libres.”
Souvenir, souvenir pour l’ICV, son assemblée générale avait un ton particulier cette année, celui du passé et du futur, l’occasion pour l’Institut coopératif du vin de remonter en 1946, sa date de création. Une rétrospective de ce que l’ICV a pu apporter à la filière vitivinicole depuis 70 ans, à savoir l’accompagnement des caves dans la révolution qualitative. “Nous sommes partis d’un vignoble de masse à un vignoble aujourd’hui à multiples facettes, une production industrielle avec des vins de haute qualité, de niche. En 1946, l’ICV développe le concept de vinification rationnelle et vulgarise les pratiques de levurage et de sulfitage accompagnées d’un suivi analytique”, explique Éric Bontemps, directeur développement à l’ICV. L’institut a accompagné le développement de ses filières et a apporté un certain nombre d’innovations. Un succès qui ne se dément pas grâce à un réseau terrain important, plus d’une soixantaine d’ingénieurs œnologues qui circulent au quotidien dans toutes les caves et une dizaine de laboratoires sur tout le bassin méditerranéen. Un véritable lien entre la recherche, l’innovation et la mise en pratique directe dans les caves avec la particularité d’avoir une vision coopérative.

Utiliser les valeurs de la coopération comme levier

“Nos administrateurs sont nos clients, les actionnaires qui sont là sont pour la plupart des présidents de caves. Il existe un lien très fort entre l’ICV et le milieu agricole. L’ICV est une entreprise unique qui a plusieurs sites et une offre de services remarquable. Une dizaine, de Perpignan à Brignoles en Provence jusqu’à Vallon-Pont-d’Arc en Ardèche en passant par la Vallée du Rhône et Beaumes-de-Venise.” Chaque site développe une expertise particulière, comme pour le rosé en Provence ou l’effervescent à Limoux. Éric Bontemps précise que “la réponse apportée est personnalisée selon les besoins spécifiques des caves coopératives, particulières et négociants. Nous proposons un contrat annuel modulable d’analyse, de conseils et d’expertise. Nous avons également un catalogue 2016 riche de 50 modules de formation”. Afin de s’adapter aux évolutions technologiques, l’institut consacre 4 à 5 % de son chiffre d’affaires (CA) annuel à la recherche et au développement et collabore sur cette thématique avec de nombreux partenaires dont la Chambre d’agriculture, l’Inra… L’ICV se démarque aussi par la distribution de produits œnologiques, avec un CA pour la campagne 2015 en hausse de 8 % pour les levures, enzymes et bactéries et de + 37 % pour le bois. Les autres activités sont l’optimisation du conditionnement avec le capsulage à vis et son service d’imagerie satellitaire. Son action d’expertise dépasse les frontières, l’Italie, le Portugal, l’Espagne et notamment l’Argentine avec qui l’ICV a signé un partenariat.

Regarder avec fierté le travail accompli

“On avait comme ambition au-delà de l’aspect statutaire, de parler du passé et ne pas s’enfermer dans la nostalgie ! Une entreprise qui tient 70 ans, c’est déjà à mettre à son crédit ! On voulait faire la démonstration que nous étions impliqués dans une démarche de stratégie tournée vers l’avenir. Les fruits de notre recherche, c’est d’apporter des solutions pour l’avenir et de les transférer vers les vignerons parfois conservateurs. Apporter au vigneron toute cette modernité, cette évolution qui nous oblige à être tournés vers le futur tout en sachant que notre métier de base c’est le conseil et l’analyse. Des efforts considérables ont été réalisés pour un vin de qualité, le succès de cette mutation a coûté cher au négoce qui a accompagné ces efforts. Mais dans le secret des caves, il faut savoir que des œnologues de l’ICV ont conseillé ces nouveaux métiers et ces innovations, c’est un grand plaisir que nous avons eu de rendre ce service à la profession. Notre vocation principale c’est de nous occuper de nos vignerons, de nos terroirs, l’ICV vinifie un tiers des vins produits en France.” L’assemblée s’est poursuivie avec la prise de parole du directeur Olivier Merrien qui est revenu sur cette année de récolte particulière : “on peut qualifier 2015 comme un millésime de diva capricieuse, une météo atypique qui au final a permis d’avoir un vin de grande qualité.” Le directeur a rappelé les différentes activités de l’ICV et son rôle principal qui est de “bichonner les vins”. L’analyse représente 60 % de l’activité de l’institut, avec 260 caves coopératives et plus de 1 000 caves particulières ; l’activité conseil vers les coopératives représente 65 % de l’activité avec plus de 10 200 interventions des consultants en caves coopératives. “Notre enjeu c’est l’avenir, et continuer nos efforts en innovation et le développement durable, nous sommes d’ailleurs à la base de la création de l’association “vignerons en développement durable”. Nous allons poursuivre notre engagement dans ce sens.”

Laurence Durand

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