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Congrès FNSEA : La délégation Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées (LRMP) s’exprime à Laval

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La FNSEA célébrait ses 70 ans lors de son congrès à Laval du 30 mars au 1er avril. Un congrès qui a permis de retracer l’histoire de 70 ans de syndicalisme et d’aborder les nombreux sujets syndicaux dans un contexte de réforme territoriale.

Outre la rétrospective sur les fortes mobilisations syndicales de cette année, un point sur les avancées obtenues par le réseau, dossier par dossier, a été réalisé. La refonte territoriale et les conséquences qu’elle a sur le réseau, sa nécessaire restructuration a également été discutée. Deux tables rondes ont permis d’aborder les stratégies de filière pour assurer l’avenir des productions agricoles ainsi que le rôle d’un syndicat dans le monde actuel, avec des intervenants de qualité.

Une intervention régionale

Christian Mazas, président de la FRSEA LRMP s’est exprimé au cours du huis clos sur 4 points : la crise agricole, le coût du travail, la Pac et l’environnement. Après une année 2015 très chargée syndicalement en raison d’une crise agricole profonde, il a rappelé la forte mobilisation du réseau en dépit de l’absence de vision optimiste sur l’année 2016. Il a demandé à la FNSEA d’établir une liste claire des acteurs qui ne jouent toujours pas le jeu pour répartir équitablement la valeur ajoutée, afin de les cibler dans les actions de demain. Bien évidemment, le syndicat majoritaire doit poursuivre son œuvre pour lutter contre la surrèglementation et la prolifération de normes “franco-françaises” qui menottent les exploitants agricoles.
Christian Mazas a ensuite rappelé que le secteur agricole était le 1er employeur de main-d’œuvre, devant l’aéronautique ou le tourisme : alléger le coût du travail et redonner de la compétitivité aux exploitations est donc une priorité pour les agriculteurs. Pourtant, “quand nous disons réduction des charges sociales ou harmonisation des réglementations sociales, on nous répond réforme du code du travail, compte pénibilité et taxation des CDD. Le gouvernement voudrait nous empêcher de recruter ou aider le développement de sociétés étrangères de prestation de service qu’il ne s’y prendrait pas autrement. C’est insupportable !”, explique-t-il.
Le président de la FRSEA LRMP a poursuivi sur le dossier Pac, en évoquant les inquiétudes sur la non-éligibilité au paiement de base des landes, pâturages boisés et parcours méditerranéens, qui impactent fortement l’élevage extensif. S’ajoutent à cela des visites rapides, ces contrôles qui prennent du retard – au risque de retarder d’autant le paiement des agriculteurs – et provoquent la suppression des paiements lorsque les défauts d’interprétation dépassent 20 %. Ajoutés à cela, des blocages occasionnés par les anomalies sur les déclarations des surfaces non agricoles (SNA) et des surfaces d’intérêt écologique. “Autant de sujets qui auront de graves conséquences sur le terrain, à l’heure où la crise agricole touche toutes nos filières !”
Enfin, sur le thème de l’eau et de l’environnement, C. Mazas a rappelé le besoin impérieux d’accès à l’eau de la région : “l’eau est une question cruciale, elle est indispensable pour sécuriser nos productions, notamment face au changement climatique”. Pour y accéder, les pouvoirs publics doivent faciliter la construction de retenues collinaires et développer des périmètres irrigués.
“Avec un revenu moyen inférieur de 37 % à la moyenne nationale, les exploitations de notre région restent fragiles. Elles demandent un bol d’air, en cessant la surenchère normative et en luttant pour que ceux qui alimentent le pays puissent se lever en espérant tirer un revenu de leur labeur, plutôt que de se coucher en sachant qu’ils ont travaillé toute une journée, à perte !” conclut-il.

Des interventions départementales

Les représentants des départements se sont largement exprimés lors du temps d’échange avec les administrateurs de la FNSEA afin de faire remonter une série de points préoccupants.
Karen Serre, du Lot, s’est exprimée sur les surfaces peu productives et les visites rapides qui prennent du retard et font monter le terrain en tension : des agriculteurs vont être durement sanctionnés après avoir dû estimer à l’aveugle le prorata de surface productive sur leurs parcelles. Elle a souligné les inquiétudes face à une administration qui risque de bâcler le travail, et qui pousse les agriculteurs à sous-déclarer ! Elle a donc demandé la suppression des pénalités en cette première année sur ce tout nouveau dispositif. Concernant le complément au plan de soutien élevage, elle a demandé réparation pour son département, sanctionné pour excès de responsabilité – en déposant des demandes de manière responsable en évitant de dépasser l’enveloppe nationale – en n’obtenant que 0,01 % de cette enveloppe !
François Giacobbi, de l’Aveyron, a abordé le thème de l’accès au foncier pour les fermiers métayers : il a souligné l’évolution du fermier, à considérer désormais comme une entreprise agricole, et la nécessité de prendre cette évolution en compte dans la transmission des exploitations agricoles.
L’Héraultais, Denis Carretier, a posé la question du devenir de l’OCM vitivinicole au-delà de 2020. Dans un contexte de baisse de production et face au risque croissant d’importations, il a d’une part demandé le soutien de la FNSEA pour obtenir la traçabilité et l’étiquetage (origine et cépage) sur le vin afin de ne pas tromper le consommateur ; d’autre part, il a demandé l’assouplissement de la loi Evin, pour que la filière puisse communiquer plus et mieux.
Serge Vialette, pour l’Aude et le Languedoc-Roussillon, a évoqué les difficultés à faire appliquer la loi sur la définition des cours d’eau en région méditerranéenne : l’administration ne respecte pas les critères imposés par le ministère de l’Environnement et la loi biodiversité, et en ajoute ! Il a également abordé les enjeux du recouplage Pac sur la filière blé dur, dont les aides ne sont pas encore avancées.
De son côté, l’Aveyronnais, Laurent Saint-Affre, souhaitait ouvrir la possibilité de corriger les complexes SNA sur Télépac, obtenir des éclaircissements (modalités et calendrier) sur les aides et les attributions de trésorerie remboursable, en insistant sur l’aide veau sous la mère et l’ICHN.
Le congrès s’est terminé dans les sifflets et les huées provoqués par la venue du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll. Les agriculteurs, extrêmement mécontents d’un ministre qui fait la sourde oreille à leurs demandes et à leur détresse, n’ont pu écouter son discours et ont pris la décision, à leur tour, de lui tourner le dos.

FRSEA LR MP

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