Bonjour

Aude : Gel : le temps du bilan

Il faudra attendre les vendanges pour mesurer avec exactitude l’ampleur des dégâts causés par l’épisode de gel dans l’Aude. Mais toutes les parcelles proches de l’eau ont été touchées.

2016_3600-5Le gel. Encore. Pour Philippe Pons à Pennautier, le dernier épisode renvoie à 1998. “Quand on a vu le ciel se dégager… Ce n’était pas bon, même si la météo n’avait rien annoncé de précis. Quand je me suis levé à 4 heures, je me suis dit que c’était pour cette fois”, raconte le vigneron. Au petit matin, l’affaire était entendue. Tous les bas fonds avaient dégusté. Il ne restait plus qu’à faire les comptes. “La carte que nous avons dressée n’a pas vraiment évolué depuis le jour du gel le 19 avril”, expliquait Emmanuel Rouchaud, chef du service vigne de la Chambre d’agriculture de l’Aude. “Maintenant, pour pouvoir estimer les dégâts, il va falloir attendre les vendanges. Il n’y a vraiment que là que nous pourrons tirer un bilan définitif de l’épisode de gel.” Globalement, la précocité de la végétation cette année, liée à la douceur de l’hiver que nous avons connue, est le résultat des dégâts causés par le gel dans l’Aude, mais aussi dans d’autres régions viticoles dans la vallée de la Loire, du côté de Chinon et Saint-Nicolas de Bourgueil ou en Bourgogne. “Certaines vignes étaient en plein débourrage, le gel a notamment frappé dans le val de Dagne, en Cabardès… Toutes les parcelles proches de l’eau ont été touchées à des degrés divers, et jusqu’à 90 %. Dans cette configuration, les végétaux sont plus chargés en eau donc plus sensibles au gel.” Depuis ses parcelles, Philippe Pons ne dit pas autre chose.

Pas assuré

“Tous les bas fonds ont gelé, et parfois jusqu’au milieu des coteaux. C’est complètement grillé, ça repousse de manière complètement anarchique mais il n’y aura pas de fruits dans ces zones là.” Sur son exploitation, il estime ainsi à un tiers la surface concernée par le gel avec des destructions qui vont de 50 à 100 %. Un tiers de la surface mais environ la moitié du volume de raisin qu’il récolte chaque année puisque ce sont ces parcelles qui produisent le plus. “Il faut espérer qu’il n’y ait pas de nouveau pépin, au cours de l’année, et je vais m’occuper l’hiver prochain de tailler soigneusement les parcelles gelées pour qu’elles repartent dans le bon sens. Je ferai aussi un passage d’engrais foliaire pour reconstituer les réserves du bois et ne pas obérer les années prochaines.” Comme beaucoup, Philippe Pons et son épouse Nathalie ne sont pas assurés pour le gel. “C’est clairement trop onéreux pour nous. Puisque les assurances se font sur le prix de la récolte, au tarif où nous vendons nos vins, ce n’est vraiment pas adapté. Pour que ce soit intéressant, il faudrait que je puisse assurer les parcelles et non la récolte. Je pourrais ainsi me prémunir sur celles qui sont le plus exposées. Mais non, je me débrouille en fait, avec mes stocks pour passer les années difficiles.” En attendant, sous le soleil, il passait l’interceps dans les vignes préservées. “Franchement, en haut de coteaux, les vignes sont très jolies cette année.” 

Y.K.

N'hésitez pas à partager cet article : Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn