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Trois questions a… Bruno Dupont, président d’Interfel : “L’interprofession, c’est fragile”

P3_2Alors qu’Interfel, l’interprofession des fruits et légumes, fête ses 40 ans cette année, son président, Bruno Dupont, nous rappelle, ô combien, son équilibre est instable. La confiance, sur laquelle elle se base, s’acquiert et se construit au quotidien. Interfel célèbre ses 40 ans aujourd’hui, en présence de François Hollande.

Quel est votre sentiment ?
Bruno Dupont : On avait sollicité les grandes instances de l’Etat pour les 40 ans de la filière. Compter, parmi nous, le président de la République, François Hollande, c’est assez exceptionnel. Vous savez, nous représentons des métiers où il faut se lever tôt et se coucher tard. Nous regroupons douze familles d’organisations qui vont de l’amont à l’aval. Il nous en manque d’ailleurs une ou deux, c’est un de nos défis, on veut faire entrer tout le monde. Tous ces acteurs doivent travailler ensemble dans un esprit collectif. Notre slogan c’est “seul on va plus vite, mais à plusieurs on va plus loin”.

Comment se construit une interprofession dans la durée ?
B.D. : Quand j’ai repris la présidence il y a quatre ans, personne ne se donnait la parole, personne ne se faisait confiance. Ce que je peux dire, c’est qu’on n’est pas là pour faire de la politique syndicale. Vous savez, l’interprofession c’est fragile. Car elle se base sur la confiance. Et la confiance, elle peut se perdre. Mais on peut être fier de ce qu’on a accompli jusqu’à présent. Aujourd’hui, beaucoup de pays du monde viennent nous voir, pour comprendre ce que c’est qu’une “interprofession à la française”. C’est unique de pouvoir associer des acteurs de la production et de la distribution. C’est un défi de tous les jours.

Quels sont les enjeux actuels de la filière ?
B.D. : On est là dans l’intérêt des consommateurs, avec qui on communique pendant la Fête des fruits et légumes frais (ndlr : auparavant la Fraich’Attitude). Pour cette occasion, nous faisons des partenariats avec les maires de France. Notre cible, elle est quand même dans les villes… Mais notre principale préoccupation, ce sont les enfants. On pense à la relève. Et on peut dire qu’on a le vent en poupe, avec toutes les recommandations de manger équilibré. Quand on n’a pas la chance d’être dans cette tendance, comme nos collègues de la viande, on a beaucoup plus de difficultés. 

Propos recueillis par Actuagri

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