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Conseil viticole FranceAgrimer : Les aléas climatiques plombent le millésime 2016

Si les vignobles du Sud-Est et du Sud-Ouest devraient bénéficier d’une récolte dans la moyenne des années précédentes, ceux du Languedoc-Roussillon devraient payer un lourd tribut aux intempéries. Jérôme Despey déplore le faible nombre de vignerons assurés sur leurs récoltes.

2016_3615-3Le président du conseil viticole de FranceAgriMer, Jérôme Despey, s’est alarmé, jeudi 25 août, de la faiblesse de la vendange 2016 et de ses conséquences sur l’économie des exploitations viticoles. “Les prévisions du ministère de l’Agriculture, qui an-noncent 42,906 millions d’hectolitres, soit – 10 % par rapport à 2015 et – 7 % par rapport à la moyenne quinquennale, devront certainement être revues à la baisse dans les semaines qui viennent”, a pronostiqué le dirigeant syndical en commentant les chiffres publiés le ma-tin même par le service statistique de la rue de Varenne.
Selon ces prévisions, quelques vi-gnobles vont particulièrement faire les frais des intempéries (gel, grêle, sécheresse, etc.) qui se sont succédées depuis la floraison. La production est ainsi attendue en retrait de 32 % en Champagne, de 21 % en Bourgogne-Beaujolais et encore de – 35 % en Val de Loire. Le recul est également très marqué en Languedoc-Roussillon, avec – 9 % par rapport à 2015 et – 7 % en comparaison avec la moyenne quinquennale. La sécheresse persistante dans la région incline même Jérôme Despey à penser que le ministère est encore trop optimiste. “Les professionnels attendent une récolte plus proche des 12 Mhl que des 12,4 Mhl qui sont annoncés”, a-t-il expliqué. “Les témoignages sur les premières vendanges de blancs et de rosés annoncent des poids de baies en forte diminution, de 30 à 40 %”, a-t-il assuré.
D’autres régions s’en sortiraient beaucoup mieux. La récolte est ainsi annoncée équivalente à celle de l’année dernière et en progression de 3 % sur la moyenne quinquennale dans la grande région Sud-Est (Vallée du Rhône et Paca), avec 5,585 Mhl. L’évolution est également favorable dans les vignobles du Sud-Ouest (égale par rapport à 2015 et en progression de 4 % sur la moyenne 2011-2015) ainsi que dans le Bordelais (+ 1 % et + 5 % respectivement).

“Dépité du peu de vignerons assurés”

Les pertes occasionnées par le gel ou par la grêle vont mettre de nombreux vignerons non assurés en grave difficulté financière, ces ris-ques n’étant pas couverts par les calamités agricoles, s’est inquiété Jérôme Despey. “Je suis particulièrement dépité de voir que, malgré le travail réalisé avec le ministère, peu de viticulteurs ont contracté une assurance pour se prémunir contre le risque”. Seulement 150 000 hectares de vignes sont assurés en France, sur un total de 800 000 ha, a-t-il es-timé, assurant qu’en Languedoc “80 % des exploitations ne sont pas assurées”. Le président du conseil viticole a demandé aux professionnels et au ministère de se remettre autour de la table “pour gommer les appréhensions sur le coût et l’utilité des assurances”. Jérôme Despey a affirmé que “pour 70 à 80 €” par hectare, on pouvait “sans difficulté” assurer sa récolte en IGP.
Compte-tenu de l’impact sur les trésoreries de la baisse de la vendange, Jérôme Despey a dit avoir demandé l’exonération de la taxe sur le foncier non bâti et la prise en charge des cotisations sociales (et non pas le report) pour tous les viticulteurs touchés par les intempéries. En attendant, le responsable professionnel compte aussi sur la poursuite d’une conjoncture favorable aux producteurs de vins (en particulier AOP et IGP) ces dernières années. “Il n’y a aucune raison que la situation s’inverse cette année, contrairement à certaines appréhensions qui ont pu avoir cours cet été”. 

B.C.

Les rayons de la GMS sous surveillance
A la suite des tensions liées à l’envol des importations de vins en 2015 (7,2 millions d’hl), notamment en provenance d’Espagne, Jérôme Despey a indiqué que le conseil spécialisé avait alerté le ministère de l’Agriculture, les douanes et la DGCCRF afin que soit assuré un suivi de ces importations à des prix “anormalement bas”, de l’ordre de 35 €/hl. Le président du conseil viticole a également annoncé les résultats des relevés en linéaires menés de fin juillet à la mi-août par les FDSEA dans plusieurs régions de France, dont le Languedoc-Roussillon, la Vallée du Rhône et la Provence. Ceux-ci ont fait ressortir nombre de dysfonctionnements sur le positionnement des produits ou sur l’étiquetage pouvant induire le consommateur en erreur sur l’origine des produits. “Certains rayons mélangent les origines et les types de vin, font apparaître des produits étrangers sous des balisages de vins de France, jouent de la confusion entre origine (Cambras et Ormes de Cambras) ou font cohabiter des packagings identiques de vins aux origines différentes”, a indiqué Jérôme Despey. Dans un premier temps, le dirigeant viticole, en lien avec l’Association générale des producteurs de vin, compte demander un rendez-vous à la Fédération du commerce et de la distribution.
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