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Gard : A quelques jours de l’Aïd, le point sur les abattoirs

Une réunion préparatoire à ce rituel a été organisée en préfecture de Nîmes le 1er septembre. L’ensemble des professionnels était réuni pour faire un point sur l’abattage à l’occasion de l’Aïd El Kébir, prévu le lundi 12 septembre.

2016_3616-6Les représentants des éleveurs ovins, des abattoirs, du culte musulman, les services de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations), ceux de la DDSV (Services vétérinaires), la gendarmerie, ainsi que des membres de la Chambre d’agriculture, le président de la communauté de communes du Viganais étaient présents pour parler de l’organisation de l’abattage rituel. Une question cruciale pour les abattoirs d’Alès et du Vigan fermés un temps à titre conservatoire à la suite de la diffusion d’une vidéo par l’association L214 dénonçant des mauvais traitements infligés aux animaux. Vigilance et prudence étaient les maîtres mots de cette réunion annuelle explique Luc Hincelin, président de la commission d’élevage à la Chambre d’agriculture du Gard : «Le sujet de l’abattage rituel est compliqué, les structures doivent gérer l’arrivée de beaucoup d’agneaux. On essaie de tout mettre en œuvre pour qu’il y ait le moins d’abattage sauvage possible.» Il faut savoir qu’il existe dans le Gard trois abattoirs : Alès qui abat entre 500 et 900 agneaux chaque année pour ce rituel et qui représente 50 % de l’activité, le Vigan avec 200 à 250 agneaux et un site d’abattage temporaire, Vestric-et-Candiac qui abat 1 300 bêtes sur deux jours. «Mais tout le monde vient le premier jour, on doit donc coordonner la répartition, et faire le point sur l’organisation. Chaque année nous organisons deux réunions à cet effet», souligne Luc Hincelin.

Pas assez de sites d’abattage pour l’Aïd

«La capacité d’abattage devrait être plus importante», déplore le président de la commission d’élevage. «Dans chaque site, nous devons prendre notre temps pour respecter les normes et règlements sanitaires et faire le point sur le nombre de sacrificateurs.» Luc Hincelin précise que tout ce fonctionnement coûte de l’argent et prend l’exemple du site temporaire de Vestric-et-Candiac qui nécessite pour son fonctionnement de gros investissements sans compter la réglementation contraignante quand il s’agit d’aménagement. L’autre contrainte, c’est l’abattage en continu, toute la journée et la conséquence pour les abattoirs de s’organiser au mieux afin de pallier les demandes des autres clients. «Nous sommes toujours sous le coup des images choc de L214, tout le monde est dans la crainte, c’est compliqué», explique Luc Hincelin. Le maire d’Alès, Max Roustan, avait en avril dernier évoqué à ce propos, selon LCP, un vrai problème politique en expliquant que les “trois quarts” des extraits diffusés par cette association sont liés à l’abattage rituel. Toujours selon LCP, Jack Pagès, le directeur de l’abattoir d’Alès avait également souligné le problème des sacrificateurs. «Pour que la viande soit certifiée Halal, le rituel impose des sacrificateurs qui soient nommés extérieurement à l’abattoir par les autorités religieuses.  Ils arrivent avec une lettre de recommandation et ne sont pas forcément formés. Le contrôle se fait donc en l’observant travailler, avant, on ne le sait pas.» Lors de sa  première visite agricole de territoire, le 1er septembre, le sous-préfet d’Alès, Olivier Delcayrou avait abordé le sujet des abattoirs du Gard. «Nous avons fait beaucoup de choses pour que l’abattoir d’Alès redémarre vite. L’Etat a salué le travail du maire Max Roustan. Les services de l’Etat sont mobilisés, ils sont dans une démarche d’améliorer la qualité de services. En dépit de la complexité du dossier, car il y a des choses à remettre à plat, cela fonctionne même si ce n’est pas encore parfait. C’est un outil de proximité important pour le territoire, il faut donc le pérenniser.» 

Laurence Durand

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