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Gard : Elevage, distillerie et viticulture au programme

Le 1er septembre, le sous-préfet d’Alès, Olivier Delcayrou, s’est rendu dans une exploitation à Saint-Privat-des-Vieux, puis dans une distillerie de plantes aromatiques à Lussan pour finir à la cave coopérative de Saint-Maurice-de-Cazevieille.

2016_3616-5Une visite de terrain pour mieux s’imprégner du monde agricole. “C’est important pour un représentant de l’Etat de connaître le milieu agricole, ses difficultés mais aussi ce qui fonctionne bien. C’est un moyen pour moi de m’imprégner au plus près de cette profession. Je suis agréablement surpris de cette matinée, car j’ai rencontré des professionnels qui connaissent des difficultés, qui ont des contraintes mais qui cherchent des solutions”, explique Olivier Delcayrou.

Rencontre avec un éleveur de limousines

Accompagné des membres de la Chambre d’agriculture du Gard, d’agriculteurs, de céréaliers et de viticulteurs, le sous-préfet a commencé sa tournée par le Mas de Lavès à Saint-Privat. Il a rencontré Patrick Gravil, le responsable de l’exploitation, éleveur de vaches de race limousine. Il est seul aux commandes d’un cheptel d’une centaine de mères allaitantes. Des bêtes qui sont élevées en plein air intégral sur 400 ha et partent cinq mois de l’année en transhumance. L’agriculteur cultive des fourrages et des céréales sur une cinquantaine d’ha ce qui lui permet d’être en autonomie totale. Il dispose également de 70 ha en milieu naturel (prairies, bois). 80 % de sa production finit à l’abattoir d’Alès, ses clients sont les boucheries traditionnelles, les grossistes et supermarchés. Un éleveur qui a su pallier en partie le problème de l’irrigation. “J’ai une retenue collinaire depuis les années 90, ce qui m’apporte une assurance côté semis, sa capacité est de 55 000 m2. C’est une solution mais le combat pour l’accroissement de ressource en eau est permanent !” Une idée qui a retenu toute l’attention du sous-préfet. “Je trouve cette initiative très intéressante, car je préfère trouver des solutions de proximité. Cet éleveur ne prend de l’eau à personne, il capte l’eau stockée tout simplement. Il faut que nous soutenions et accompagnions ces initiatives agricoles. En ce qui concerne l’urbanisme, nous sommes également aux côtés des agriculteurs, nous avons la chance d’avoir un Scot (schéma de cohérence territoriale) qui est en préparation avec une logique du maintien des espaces agricoles.” Au fil de la visite, le sujet des céréales a été abordé. Frédéric Buisson est céréalier et éleveur à Potelières : “Dans le Sud, on a réalisé de bons rendements par rapport à ce qu’il se dit au niveau national. Le marché s’est dégradé, les cours du blé, orge, blé dur sont inférieurs aux cours que l’on connaissait il y a trente ans alors que les charges, elles, augmentent ! La production française chute de moitié. Ce qui impacte le marché, c’est le stock. Et en blé dur, le marché est court-circuité par le Canada,  qui débarque des containers au port de Marseille sans droit de douane.”

Au royaume des senteurs

Après l’élevage, le sous-préfet s’est rendu dans une distillerie à Lussan, pour rencontrer Emmanuelle et Olivier Servigne, les propriétaires de “Lueur du Sud”, une distillerie de 750 m2 ouverte cet été sur une quinzaine d’hectares. “Nous avons pu réaliser la campagne de la lavande. Nous avons une forte demande pour les huiles essentielles, à destination pharmaceutique, culinaire et cosmétique. Il y a un lien à envisager avec les agriculteurs du département, nous avons besoin d’eux pour la culture des PPAM (plantes à parfum aromatiques et médicinales) bio. C’est un secteur porteur avec 100 % d’augmentation depuis trois ans”, explique Emmanuelle Servigne. Un nouvel exemple économique qui fonctionne bien salué par Olivier Delcayrou : “Il existe plusieurs agricultures suffisamment connectées avec des perspectives, des projets industriels qui ont d’importants débouchés. C’est un marché porteur, nous avons cette belle opportunité dans le Gard, de créer une nouvelle filière de l’amont à l’aval.”
Autre arôme au programme de la visite du sous-préfet d’Alès, à la cave de Saint-Maurice de Cazevieille. Avec en prime une politique environnementale de la cave remarquable. Elle a fêté en novembre dernier ses 90 ans et affiche une production de 140 000 hl sur 1 800 ha étendus sur 44 communes. Baptisée par les anciens de “petit miracle des Cévennes”, la cave compte 200 coopérateurs, ses cinq types de terroirs différents lui permettant de cultiver plus de 30 cépages. Elle consacre 15 % de sa production en agriculture biologique et se distingue surtout pour sa démarche de “vignerons durables” et son travail sur les nouvelles générations. Une matinée très positive selon le sous-préfet qui s’est dit “être très heureux de voir qu’en dépit des difficultés, des choses positives existent. Ce qui est important est l’accompagnement humain, les aides financières sont une solution mais pas que. Nous avons besoin de médiation, et l’Etat est là pour faciliter les rapports et les initiatives dans le monde agricole.” 

Laurence Durand

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