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Formation : Un tremplin pour l’emploi agricole ?

Dans le cadre de la semaine de l’agriculture au pays de Lunel, Pôle emploi, en partenariat avec la Communauté des communes de Lunel et la Chambre d’agriculture de l’Hérault, a proposé un dispositif aux demandeurs d’emploi potentiellement intéressés par la reconversion agricole. Une démarche destinée aux porteurs d’un projet plus ou moins réfléchi.

2016_3621-4Sur les 1 500 demandeurs d’emploi contactés, ils étaient 16 à avoir fait le déplacement à l’agence Pôle emploi de Lunel. Non pas pour un rendez-vous collectif avec leurs conseillers mais pour une présentation générale des filières agricoles de l’Hérault. Cette première approche n’avait pas pour but de proposer des offres d’emploi, mais de détecter les profils susceptibles de se projeter dans les vignes, les vergers ou l’élevage. En passant d’abord par la case formation et
stage express, mise en place par le dispositif Adema (Accès des demandeurs d’emploi aux métiers agricoles), créé par Pôle emploi et le
Fafsea (Fonds national assurance formation des exploitations et entreprises agricoles) en 2010.

Trois semaines pour tester sa motivation

Au vu des besoins de main-d’œuvre, notamment pour des emplois saisonniers, le dispositif est destiné à recruter à moyen terme des demandeurs d’emploi pas forcément rompus aux activités agricoles. Dirigeante du Geiq Oc Agri (Groupement d’employeurs d’insertion et de qualification) et du Gedar (Groupement d’employeurs départemental agricole et rural), Cécile Galangeat est intervenue à l’agence lunelloise Pôle emploi pour tenter de recruter des futurs saisonniers, et plus si affinités professionnelles. «Il y a un réel besoin de renouveau du salariat dans le monde agricole, sachant qu’un quart des agriculteurs chefs d’exploitation a plus de 55 ans et que la moitié des sites ne sont pas repris», annonce-t-elle en préambule. Après un bref panorama des différents métiers agricoles porteurs dans l’Hérault, Cécile Galangeat est entrée dans le vif du sujet sur les modalités de la formation proposée : une semaine en centre de formation pour se mettre dans le bain des exploitations, suivie de trois semaines de stage en entreprise. «Il faut voir ce dispositif comme un tremplin», explique-t-elle aux chercheurs d’emploi présents, dubitatifs dans l’ensemble. «Adema teste surtout votre motivation, votre “savoir être” et non pas votre savoir-faire», étant donné que la plupart des personnes ayant répondu présent sont novices dans l’agriculture. «Une fois sur deux, le stage aboutit sur des emplois saisonniers.» On est encore loin de la pérennité de l’emploi, mais c’est un pied à l’étrier pour qui veut se relancer. Rappelant que «35 % des jeunes qui s’installent ne sont pas des enfants d’agriculteurs», comme pour mieux rassurer les suspicieux, Cécile Galangeat précise que ce projet s’inscrit pour l’instant dans du moyen terme, qui sera suivi d’un parcours plus qualifiant si la première phase s’avère concluante.

Être son propre patron

Prévue au Mas de Saporta à Lattes, la semaine de formation est planifiée mi-octobre, si le nombre d’inscrits est suffisant. «Pour l’instant, trois stagiaires sont retenus, mais il en faut dix pour que le dispositif démarre», indique C. Galangeat, qui espère recruter trois ou quatre futurs stagiaires suite aux entretiens passés à l’agence. Parmi les profils intéressés, Guillaume, 30 ans. Cet ancien accompagnant à la personne en recherche d’emploi a décidé à son tour de se reconvertir, mais «pas vraiment dans les filières présentées cet après-midi», déclare-t-il. «Je veux être mon propre patron et avoir mes propres moyens de production.» Conscient du coût du foncier, il songe à des secteurs de niche. «J’avais pensé aux escargots. J’ai pas vu des masses de gens qui en font, alors pourquoi pas !» Déjà engagée dans une reconversion auprès de la Chambre d’agriculture de l’Hérault, Sonia, n’avait pas attendu pour préparer son nouvel avenir professionnel. «J’ai suivi une formation de deux semaines pour travailler sur la spiruline au CFPPA (Centre de formation professionnelle et de promotion agricoles) de Hyères», explique cette ancienne salariée de 46 ans, également tentée par la permaculture ou l’arboriculture. Totalement novice après avoir travaillé dans la grande distribution, Vincent se verrait bien au contact des bêtes. Elevage, horticulture, viticulture… Sans idée précise, cet originaire de la région parisienne est prêt à «apprendre les bases, ne serait-ce que pour se faire une idée. Sur un mois, c’est attrayant.» Encore faut-il recruter les dix profils qui pourront faire l’affaire et lancer la formation. Cécile Galangeat le sait bien, sur les personnes retenues, si quelques-unes suivront la formation, d’autres se seront trompées de voie. 

Philippe Douteau

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