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Pépinière viticole : Belle dynamique pour le Made in France

Le 14e congrès national de la Fédération française de la pépinière viticole (FFPV) s’est tenu du 18 au 20 octobre à la Cité du Vin à Bordeaux, avec 250 participants présents, représentant 150 entreprises, fiers de leur savoir-faire.

p4Cette édition est un succès pour le syndicat Gironde Sud-Ouest, organisateur du congrès. La région Nouvelle-Aquitaine est la première région productrice de plants, représentant 24 % de la mise en œuvre.

Une année 2016 équilibrée
225 millions de plants greffés contre 220 en 2015 marquent une évolution constante de la production. La demande viticole est là, la prochaine campagne s’annonce soutenue, les pépiniéristes sont confiants pour l’aborder. 3 540 autorisations de plantations nouvelles ont été délivrées cette année à plus de 7 600 demandeurs, sans oublier les programmes de restructuration et les volumes importants de complantation.
La France reste le 1er pays producteur européen de plants, couvrant 40 % des mises en œuvre en Europe (avec 1 539 ha de vignes-mères de greffons et 2 119 ha de vignes mères de porte-greffes).

Le plan national de lutte contre le dépérissement du vignoble
Ce plan lancé par le CNIV (Congrès national des interprofessions des vins à appellation d’origine) et FranceAgriMer a totalement associé la pépinière viticole. La perte de rendement imputable au dépérissement est de 4,6 hl/ha en 2014, et plus de 60 causes dénombrées peuvent être à l’origine. Jérôme Agostini, directeur du CNIV et Muriel Barthe, directrice technique du CIVB, confirment que “4 Mhl sont perdus par an”. Le plan de recherche est bâti en cinq axes : physiologie de la vigne, écosystème, prévention des risques biologiques, fabrication des plants de vigne et implantation, leviers socio-économiques. Des réseaux nationaux seront déployés, notamment avec la création d’un outil d’observation participatif du vignoble.

Côté sanitaire : des menaces, des solutions
L’implication des pépiniéristes est totale concernant la flavescence dorée. 100 % des vignes-mères de greffons sont prospectées. Suite à l’arrêté du 19/12/2013, les analyses de risques font désormais partie du paysage de la pépinière viticole, ce qui amène parfois à l’obligation de recours au Traitement eau chaude (TEC) des bois et plants, uniquement pour être en adéquation avec le principe de précaution.
Concernant Xylella fastidiosa, c’est la bactérie du xylème, ou maladie de Pierce pour la vigne (décrite en 1892 par M. Pierce), jamais identifiée sur la vigne en Europe. De nombreuses plantes hôtes et de nombreux insectes sont vecteurs. Vu l’étendue de la zone touchée, la contamination initiale daterait au moins de dix ans : identifiée en 2010 en Italie sur laurier-rose, en 2013 à Taïwan et en Iran, un premier cas repéré en Corse en 2015 puis en Paca, enfin en 2016 en Allemagne sur laurier-rose : le danger nous entoure, aussi la FFPV demande des contrôles renforcés sur le matériel végétal importé.
Un nouveau virus menace le vignoble, la maladie du pinot gris. Anne-Sophie Spilmont (IFV du Grau-du-Roi) l’a présenté au con-grès. Présent dans des plantes asymptomatiques, il est identifié dans de nombreux pays (Chine, Amérique, Italie, Espagne, depuis peu Allemagne et Suisse) ; son taux de maladie est très faible, mais elle est identifiée en Italie, où on la dit impossible à éradiquer. En France, la maladie n’a pas été identifiée, mais le virus est très présent sur le territoire (trouvé en 2014 sur du merlot à Bordeaux). Des analyses en 2016 révèlent plusieurs parcelles atteintes dans différentes régions. La FFPV souhaite être régulièrement informée des connaissances sur l’apparition de ce nouveau virus, via sa commission technique, et demande aux pouvoirs publics de dégager des financements pour la recherche et l’expérimentation, apportant sa contribution technique d’observation. Il faut caractériser les symptômes, les conséquences agronomiques, et les effets sur la production et la qualité des vins.

Côté recherche : quels porte-greffes ?
Trente-et-un porte-greffes sont autorisés à la culture, cinq représentent 75 % des plantations : SO4, 110R, 3309C, 41B, 140Ru. Des baisses régulières de rendement et de vigueur sont constatées, ainsi qu’une moin-dre disponibilité en ressources hydriques et minérales.
Idéogreffe, programme de recherche visant à mettre en œuvre une sélection de nouveaux porte-greffes adaptés à des contraintes comme le stress hydrique ou la chlorose, propose une double stratégie :
diversifier l’utilisation des porte-greffes existants et inscrire de nouveaux porte-greffes à partir du pool “étrangers”, et réactualiser les connaissances et références agronomiques des porte-greffes existants, français et étrangers ;
créer de nouveaux porte-greffes permettant de contrôler les contaminations par le court noué et adaptés aux environnements contraignants. La plupart des porte-greffes utilisés aujourd’hui datent d’après la crise phylloxérique ; il y a, depuis 2000, une dynamique avec des avancées majeures sur la connaissance de la diversité génétique et les méthodes de sélection. Des nouveautés pourraient être disponibles d’ici 10 à 15 ans.

Dynamiser l’export
Un groupe de 15 pépiniéristes sillonne le monde et entretient les réseaux. La baisse des exportations à 13 M€ (contre 50 M€ il y a dix ans), est liée en partie à la dynamique du marché national qui reste prioritaire, donc un manque de matériel végétal pour l’export, mais aussi aux règles sanitaires voire protectionnistes de certains pays. Le plan de compétitivité va aider à reconquérir ces marchés : l’augmentation et le renouvellement du parc des vignes-mères de porte-greffes et de greffons et la recherche vont élargir l’offre, et les investissements récents de mécanisation et robotique vont permettre d’être plus compétitifs.

Création d’une commission technique, co-animée par l’IFV et la FFPV
L’objectif sera de “rassembler tous les savoirs et en assurer la diffusion”, une des finalités étant d’augmenter les taux de reprise (actuellement encore 40 à 50 % d’échec) tout en maintenant l’exigence qualité. La diffusion des données d’affinités entre le couple cépage/porte-greffe, clone/porte-greffe, permettra d’évaluer les nouvelles mécanisations possibles, sources d’innovation.
La représentativité géographique est visée pour cette commission d’une vingtaine de membres, avec des référents intervenants spécialisés par thème. Réunions, voyages d’études, partage d’informations entre pépiniéristes et vers les techniciens viticoles, via le site web, et pourquoi pas l’organisation d’un colloque international sur la multiplication de la vigne, le dernier datant de 1982 ! Lancement en janvier 2017. 

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