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JA 34 : Un semis solidaire de blé dur pour dénoncer la consommation d’espaces agricoles et l’excès de friches

Les chiffres parlent d’eux mêmes : en France, 78 000 ha de terres agricoles sont détruits chaque année par l’artificialisation, soit la superficie d’un terrain de foot toutes les cinq minutes et d’un département tous les sept ans.

2016_3627-12Dans l’Hérault, 51 % des terres à fort potentiel agronomique ont été artificialisées entre 1997 et 2009. L’Hérault se place ainsi au niveau des Bouches-du-Rhône et de la Seine-et-Marne dont les densités de population sont respectivement 1,3 et 2,3 fois plus importantes.
7 360 ha ont été artificialisés dans le département. C’est comme si on avait construit, en l’espace de douze ans, une ville 1,5 fois plus grande que Montpellier !  56 714 constructions ont été bâties dont 80 % sont des maisons individuelles. La consommation annuelle de terres agricoles et naturelles est en moyenne de 858 ha par an.
La majeure partie des extensions urbaines se font sur des terres de bonne qualité agronomique : ainsi les sols de très bonne qualité ne représenatent que 18 % des terres et ils comptent pour 31 % des sols consommés.
En cinquante ans, la tache urbaine a plus que triplé alors que la population n’a que doublé.
Les zones d’activité économique couvraient 2 800 ha en 2001, 4 500 ha en 2014 et 4 000 ha supplémentaires sont prévus dans les documents d’urbanisme.

Les JA 34 réagissent
Les freins à l’installation sont multiples, mais l’accès au foncier reste le principal problème. Trop de terres sont bloquées en vue d’une urbanisation excessive, trop de terres sont laissées en friche par les propriétaires attachés à l’idée que leurs parcelles passeront prochainement constructibles.
Pour dénoncer cette consommation excessive de terres, qui met en péril notre métier et nos territoires, les JA 34 ont invité les élus locaux à la Zac de la Salamane à Clermont-l’Hérault. Sur cette zone de 70 ha irrigables, propriété de la communauté de communes, dont seulement 20 ha sont utilisés par une plateforme système U, 1 ha de blé a été semé par les JA 34 à titre symbolique. Un moyen de sensibiliser nos politiques locaux  à la disparition progressive de notre premier outil de travail qu’est la terre.
Sans s’opposer au développement économique, les responsables JA ont rappelé la nécessité de concilier celui-ci avec l’agriculture. Notre métier est un atout économique dans notre département, générateur d’emplois, de valeur ajoutée, garant de la beauté de nos paysages. Il ne doit pas disparaître au profit de zones résidentielles ou de supermarchés.
Il est nécessaire de donner à la CDPENAF (Commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers qui réunit les élus, la profession et l’Etat pour étudier les projets d’urbanisme) un pouvoir plus important, avec des avis décisionnaires, et non plus consultatifs. Pour chaque hectare consommé, il faut mettre en place une compensation foncière agricole. Le décret sur la compensation agricole entrera en application le 1er décembre. C’est un premier pas, mais celui-ci doit être plus restrictif. Trop peu de projets seront soumis à cette compensation.
Les Jeunes Agriculteurs de l’Hérault tiennent à remercier le maire de Clermont-l’Hérault Salvador Ruiz, le sénateur Henri Cabanel et le député Patrick Vignal qui ont fait le déplacement. Ils remercient également la société Magne SA qui a eu la gentillesse d’offrir les semences utilisées.
Rendez-vous cet été pour la moisson, dont le bénéfice sera reversé aux Compagnons du devoir : les Jeunes aident les jeunes ! 

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