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Filière bois : La forêt piège à carbone dans les Pyrénées-Orientales ?

Le CRPF aide les propriétaires forestiers à penser “carbone” dans le cadre des compensations réglées par les grandes entreprises.

2016_3628-9Si la forêt est aujourd’hui souvent perçue comme un lieu de promenade, elle peut aussi se révéler un outil puissant. C’est en tout cas le sens recherché par le Centre régional de la propriété forestière (CRPF) qui veut convaincre les propriétaires forestiers de l’utilité des forêts en tant que piège à carbone. Au cours de journées d’information à destination des propriétaires, le CRPF peut ainsi présenter les différents systèmes. “C’est une problématique de notre temps puisque piéger le carbone dans les arbres peut contribuer à atténuer l’impact du réchauffement climatique mais aussi parce que des financements sont possibles pour mener les travaux forestiers qu’une telle démarche implique”, détaille Bruno Mariton, technicien du CRPF des Pyrénées-Orientales. “Des entreprises importantes sont à la recherche de moyens pour compenser leurs émissions de carbone. Elles financent donc les travaux nécessaires pour diminuer leur empreinte sur le climat. Certaines d’entre elles veulent jouer local plutôt que d’aller investir à l’étranger. C’est une opportunité pour les propriétaires de la région.”

Climafor
Une association de propriétaires a déjà été constituée dans le Vallespir et les premiers travaux ont déjà eu lieu, l’essence concernée étant le châtaignier. “C’est une modification importante puisque la culture du châtaignier change complètement. On passe d’un système de coupe à blanc tous les trente ou quarante ans à un système de culture en continu aussi appelée irrégulière. On peut ainsi récolter le double de bois comparé au système traditionnel”, poursuit le technicien. Une trentaine d’hectares sont engagés dans cette démarche pour un programme de trois ans, mais le CRPF voit plus loin. “Nous discutons avec le parc naturel qui pourrait aider à développer cette approche carbone de l’exploitation de la forêt. D’autres types de peuplement pourraient également bénéficier de ces dispositifs.” Et pourquoi pas imaginer des plantations spécifiques sur les friches du département pour abonder ces programmes de stockage de carbone ? “Nous essayons de voir dans l’intérêt des propriétaires mais il y a suffisamment de friches pour cela”, justifie Bruno Mariton. Un outil bientôt opérationnel, Climafor, permettra en plus de quantifier et qualifier les flux de carbone dans la forêt. Et surtout, de rendre palpable aux propriétaires et aux collectivités, la richesse que recèlent leurs forêts. 

Yann Kerveno

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