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Gard : La Voie d’Héraclès fait cavalier seul

Question de choix et de divergences, la fusion n’aura finalement pas lieu entre la Voie d’Héraclès et les Maîtres vignerons de Vauvert et Gallargues. Mais la coopérative de Vergèze, sur les terres de la source Perrier, compte entamer les travaux de sa nouvelle unité haut de gamme début 2017.

2016_3628-6En mai 2015, il était question de fusionner «deux caves complémentaires et non concurrentes», martelaient en cœur les deux présidents des coopératives. Un an et demi après, changement de cap pour la Voie d’Héraclès et les Maîtres vignerons de Vauvert et Gallargues. Alors que le projet d’une nouvelle unité à côté de l’actuel caveau d’Héraclès était dans les cartons depuis 2011 et que la fusion entre les deux structures était bien avancée, le mariage est déjà compromis. Quitte à perdre quelques hectolitres en route, la cave de Vergèze prévoit toujours la construction d’une future unité nouvelle génération.

15 M€ de budget et 7 000 m2 de bâti
Il était question d’études de faisabilité, de concertation et du choix du maître d’œuvre. Mais depuis le départ des Maîtres vignerons du projet, il a fallu réévaluer sa faisabilité sans pour autant revoir les ambitions à la baisse, si ce n’est en termes de volumes. Lorsque la fusion est tombée à l’eau au premier semestre 2016, «on travaillait déjà avec un cabinet d’avant projet», précise Jean-Fred Coste, le président de la cave. Il a donc fallu réviser sa copie. «La capacité de la future cave sera plus petite. On avait prévu 110 000 hl, ce ne sera plus que 80 000 hl.» Affirmant que rien n’a changé et qu’ils continuent «à avancer», le président de la Voie d’Héraclès et son conseil d’administration fixent toujours le lancement des travaux à la fin du premier semestre 2017, vers mars-avril. «Le permis de construire a été déposé en juillet. Nous attendons le PLU (Plan local d’urbanisme) de la commune de Codognan qui n’en a toujours pas. Une fois accordé, nous pourrons commencer les travaux», assure Jean-Fred Coste qui en est encore à la phase de bouclage du financement. Sur les 15 millions d’euros du projet, 80 % de la somme a déjà été réunie. «On emprunte 7 M€, on finance en fonds propres à hauteur de près de 4 M€. Sans beaucoup de subventions…» Si le maire de Codognan soutient toujours le projet «moralement», les caisses des municipalités sont exsangues. Stratégie inédite, la coopérative a fait appel à une entreprise générale pour lui fournir une cave «clé en main», confie Jean-Fred Coste. Travaillant avec neuf cabinets d’ingénierie, de Lyon à Perpignan, la future cave vise du matériel innovant. Question surface, il est toujours question de 7 000 m2 de bâti à 800 m de l’actuelle cave, sur un terrain de 8 ha mis à disposition par le groupe Nestlé Waters, qui détient la marque Perrier, non plus pour un euro symbolique, mais «pour 10 € par ha et par an, d’après le bail à construction», précise le président d’Héraclès. 

Une alternative aux caves obsolètes
Se voulant exemplaire notamment concernant la protection des nappes phréatiques, en l’occurrence celle de la source Perrier tout à côté, la Voie d’Héraclès s’est engagée à cultiver en bio sur toutes les parcelles qui appartiennent à Perrier, soit 250 ha de sol (et non pas les vignes) pour 650 ha cultivés en bio.
Présentant un chiffre d’affaires de 8 M€ au dernier bilan, la coopérative accuse un recul de production à 65 000 hl (contre 74 000 hl en 2015), «comme beaucoup d’autres dans le Sud du département», explique le président de la cave. Alors que les Maîtres vignerons devaient participer à hauteur de 40 % en volume, Héraclès compte se développer sur le rosé (qui représente 20 % des volumes) et le blanc (25 %). «Ça va augmenter un peu», prévoit Jean-Fred Coste. «Les vins de cépages blancs manquent cruellement comme les chardonnay, les sauvignon… Il y a des marchés qu’on n’arrive pas à satisfaire.» D’où l’espoir d’attirer de nouveaux coopérateurs, en plus des 65 actuels. «Une fois la nouvelle cave construite, les gens comprendront que l’avenir est là et pas dans les caves obsolètes. D’autant que la situation économique est excellente, avec un revenu autour des 7 000 €/ha en moyenne.» Avant d’attirer de nouveaux adhérents et les professionnels, et valider le projet final d’ici fin décembre, il faudra encore trouver les 4 M€ de subventions manquants. FranceAgriMer devrait participer. 

Philippe Douteau

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