Bonjour

Viticulture : La demande internationale pour l’origine Languedoc va progresser

L’enquête réalisée par Sopexa auprès des importateurs et distributeurs internationaux de sept pays révèle que le Languedoc est considéré comme le vignoble disposant du meilleur potentiel de croissance. Mais elle souligne également la montée en puissance de la concurrence espagnole.

2016_3628-10L’enquête “Wine Trade Monitor”, réalisée au printemps dernier par l’agence Sopexa, place une nouvelle fois le Languedoc en tête des vignobles disposant du meilleur potentiel de croissance dans les deux ans qui viennent. Le sondage auprès de
1 100 importateurs et distributeurs issus de sept pays (Japon, Corée, Chine, Hong-Kong, Russie, Canada, Etats-Unis), confirme l’attractivité du Languedoc auprès des professionnels internationaux, qui devaient choisir parmi une liste de 45 régions d’appellation européennes.
Au petit jeu du cumul des points accordés aux régions dont la demande va évaluer “à la hausse” ou “à la baisse”, le Languedoc obtient le meilleur ratio, devant la région espagnole de la Rioja et deux autres régions françaises : les Côtes-du-Rhône et Bordeaux, loin devant le Roussillon (14e) et la Provence-Corse (29e). Le Languedoc est cité à la première place des régions à fort potentiel au Japon, en Corée et en Russie et arrive en seconde position en Chine (derrière Bordeaux) et au Canada (après la Rioja).
A noter qu’aux Etats-Unis, c’est la Provence-Corse qui est jugée comme bénéficiant du meilleur potentiel, devant le Rhône et la Rioja. “Le rosé et notamment celui de Provence, bénéficie aux Etats-Unis d’une conjonction favorable de deux tendances”, analyse Pauline Oudin, directrice de Sopexa Etats-Unis : “la montée en gamme de la consommation, qui pousse la demande en vins de qualité, et la recherche de vins à déguster en toute simplicité”.

Pour ce qui concerne l’origine nationale des produits, la France reste dominatrice. Les vins français sont référencés chez 94 % des professionnels interrogés, devant ceux en provenance d’Italie (80 %) et d’Espagne (76 %). Les pays du “Nouveau Monde” figurent loin derrière. Le Chili (64 %), très bien représenté en Asie, est quatrième. L’Australie (62 %) et les Etats-Unis (58 %) suivent. Quant à l’image, c’est un véritable plébiscite de la part des professionnels internationaux : l’origine France caracole loin en tête avec 69 % d’opinions favorables, très loin devant l’Italie (13 %).
Mais cette cote d’amour très favorable masque l’intérêt croissant des commerçants en vins tranquilles pour une autre origine : l’Espagne. Une proportion très élevée de professionnels (40 %) estime ainsi que la demande en faveur des vins espagnols va progresser dans les deux ans qui viennent, contre 16 % seulement qui pronostiquent une baisse. Les importateurs et distributeurs interrogés sont nettement plus partagés sur les perspectives concernant la France : 48 % pronostiquent certes une hausse de la demande en vins français dans les prochains mois, mais 36 % estiment au contraire qu’elle va baisser.

Les prix du vin vont monter, estiment les importateurs
A une très large majorité (57 %), les importateurs interrogés par Sopexa estiment que les prix du vin vont augmenter dans les deux prochaines années, 26 % estimant qu’il va rester stable et 17 % qu’il va baisser. Les professionnels promettent également (à 62 %) une hausse de la demande en capsules à vis (au Japon, au Canada et aux Etats-Unis) et pronostiquent un bel avenir au grenache, qui fait son entrée au top 5 des cépages montants sur les marchés concernés, devant le cabernet-sauvignon, le pinot noir et le chardonnay.

Les vins espagnols bien positionnés et offensifs
Les professionnels les plus optimistes pour les vins espagnols sont ceux en provenance de Corée, de Russie et du Canada. “L’attractivité des vins espagnols et leur succès annoncé sur de nombreux marchés s’explique par le dynamisme de leur production, par une offre bien positionnée, comprenant à la fois des “produits plaisirs” pour une consommation courante, et une offre assez large pour s’adapter aux différents segments de la distribution”, a commenté François Collache, directeur commercial boissons de Sopexa.
Un avis partagé par Christian Barré, président de la Fédération espagnole du vin et directeur général Espagne de Pernod Ricard Winemakers selon lequel ces chiffres reflètent les ambitions des producteurs espagnols. “L’ensemble de la filière espagnole, notamment dans certaines régions d’appellation comme la Rioja, a réellement pris conscience, face à la crise, de la nécessité de se développer à l’export”, explique-t-il. “Elle s’est donc collectivement organisée pour favoriser la croissance de ses vins et de ses marques à l’international” et s’est appuyée sur les aides européennes “pour la promotion des vins espagnols hors de l’Europe et en faire profiter ses entreprises et ses appellations”. De fait, la Rioja est citée dans le sondage comme la deuxième région d’appellation européenne la plus prometteuse à l’export après le Languedoc.  

B.C.

N'hésitez pas à partager cet article : Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn