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Viticulture : Les parlementaires s’emparent du dossier des cépages résistants

C’est à l’initiative d’Henri Cabanel, viticulteur et sénateur (PS) de l’Hérault qu’a été créé le groupe “Cépages : résistons ensemble”.

Ce groupe réunit une douzaine d’élus de la région Occitanie et est adossé au groupe “vigne et vin” du Sénat, présidé par un autre viticulteur, Gérard César, sénateur (LR) de Gironde. Pour évoquer cette question, ces élus ont organisé, le 7 décembre à Paris, une dégustation de vins issus de ces cépages résistants. Une autre dé­gustation devait avoir lieu le 8 décembre à Bordeaux, et une autre en région Occitanie, certainement à Montpellier. “Cépages : résistons ensemble, c’est l’appel que j’ai lancé en juin aux parlementaires de notre région”, rappelle Henri Cabanel. L’initiative a pour but de réunir des élus de toutes tendances politiques afin de “défendre la solution d’avenir” que représentent les cépages résistants. “Les viticulteurs se font souvent attaquer sur les produits phytosanitaires”, poursuit-il. “Le challenge qui s’ouvre à nous est de faire en sorte que les cépages résistants soient acceptés.” Représentant un autre vignoble et un autre bord politique, Gérard César est exactement dans la même ligne : “il faut que nous soyons les porte-parole des professionnels”, ajoute-t-il. Deux types de vins étaient proposés : ceux de l’INRA et ceux d’une université italienne. Cette dégustation était placée sous la conduite de Thierry Boyer, sommelier conseil, et notamment, expert pour les vins de Pays d’Oc. Il s’est déclaré “agréablement surpris par la qualité organoleptique de ces vins.” 

Une signature au Salon de l’agriculture
L’Inra a voulu créer les conditions d’un déploiement sécurisé de ces nouvelles variétés”, explique Christian Huyghe, directeur scientifique agriculture à l’Inra. “On doit considérer un gêne de résistance comme un bien commun que nous devons préserver. C’est le sens de notre démarche globale, en lien avec les interprofessions.” “Nous envisageons de signer au Salon de l’agriculture, avec les différentes interprofessions, les protocoles de déploiement de ces expérimentations”, ajoute Philippe Mauguin, président de l’Inra. “Nous nous sommes emparés de la problématique”, indique pour sa part Jacques Gravegeal, président de l’IGP Pays d’Oc. “On considère aujourd’hui qu’aucun cépage n’est 100 % résistant. Il faut trouver des viticulteurs qui veulent s’engager sur une production dont on ne connaît pas la finalité sur le plan commercial.” Pays d’Oc veut être associé à la démarche : “on veut regarder si, organoleptiquement, le vin peut prétendre à obtenir le label Pays d’Oc”, précise Jacques Gravegeal. D’autres élus étaient présents à ce rendez-vous, comme Marie-Hélène Fabre, député (PS) de l’Aude, Roland Courteau, sénateur (PS) de l’Aude ou encore René Moreno, vice-président (PS) de la Commission agriculture, agroalimentaire et viticulture à la région Occitanie. Les élus et les professionnels attendent désormais la liste des variétés de cépages résistants (voir nos précédentes éditions). L’avis du CTPS était attendu pour le 15 décembre, et l’arrêté du ministre devrait suivre. S’il est publié avant la fin de l’année, de premières plantations pourraient être effectuées avant la fin du premier semestre. L’essentiel, con­clut Jacques Gravegeal “est que la société comprenne que nous avons pris le pas. On ne veut plus traiter, mais on ne peut pas aller plus vite. Notre détermination est là. Il faut qu’on nous croie.” 

OM

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