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CIVL : Une stratégie qui porte ses fruits

Le Conseil interprofessionnel des vins du Languedoc a présenté à la presse la synthèse des marchés, suite à leur assemblée générale. Volume, GMS, export et plan d’actions sont passés en revue…

2016_3631-7Xavier de Volontat, président du CIVL, s’est plié à l’exercice habituel de présentation de bilan des marchés des vins AOC et des IGP Sud de France, en compagnie notamment de Jérôme Villaret, délégué général. Premier constat sans surprise, une petite récolte pour le bassin Languedoc-Roussillon, avec une prévision, selon FranceAgriMer, de 12,3 Mhl. Le stock évalué à 7,7 Mhl va permettre d’assurer le même volume de disponibilités, environ 20 Mhl. “Les vins sans IG sont les plus touchés avec une baisse de 1,4 Mhl (64 %) qui représente la perte de marché d’entrée de gamme au profit des vins espagnols qui sont 20 % moins chers que les premiers prix français. Les vins de Pays d’Oc sont également concernés (- 503 000 hl)”, explique le président. Les AOC du Languedoc, en vins tranquilles, ont fait l’objet d’une mise en marché de 169 millions de cols mais selon les couleurs, les données varient. Le rouge est en baisse de 3 % avec 971 000 hl. “Nous avons une légère tension sur nos appellations depuis deux, trois ans car nous n’avons pas de grosse récolte”, précise le président du CIVL. Les rosés en AOC avec 172 000 hl stabilisent leur progression enregistrée depuis quatre ans (+ 31 %) avec une hausse de 2 %, + 7 % pour les IGP en quatre ans. Enfin le blanc poursuit sa belle progression, + 3 % avec 130 000 hl. Pour Xavier de Volontat, “la perte des entrées de gamme en AOC est due au fait d’avoir revalorisé nos prix. On est  ainsi sorti du marché du hard-discount. On accuse donc une baisse de parts de marché mais on s’est repositionné sur une revalorisation. On devrait les récupérer dans 18 à 24 mois, grâce aux actions menées”. Pas de jaloux pour les sorties de chais des IGP de département, elles sont toutes en baisse : 13 % pour le rouge, 16 % pour le rosé et 7 % pour le blanc. Idem pour les IGP de territoire, seuls les rosés parviennent à se maintenir.

Grande distribution et export
La stratégie des dernières années sur la valorisation des AOC du Languedoc porte ses fruits. En AOC, le prix moyen est de 4,16 € le col, contre 3,41 en 2013. “Quand on a commencé ce travail en 2010, sur les AOC, on était les moins chers du marché. Mais avec le gros travail réalisé sur nos appellations en apportant de la valeur aux consommateurs, on a réussi notre pari. On se retrouve dans le cœur du marché. Les ventes de bouteilles d’AOC du Languedoc-Roussillon rouges à plus de 5 € progressent de
9 % et ce segment sera le premier sous peu”,
souligne le président. La présence des AOC du Languedoc-Roussillon dans la restauration à table est en hausse de 7,6 points soit près de 8 500 restaurants gagnés en un an, dont plus de 1 200 sur Paris. “Deux tiers des restaurants ont une bouteille du Languedoc. C’est une bonne carte de visite et une démarche qualitative. En cinq ans, on a doublé notre présence et on va continuer à faire ce travail fastidieux et long ! Côté export, les AOC poursuivent leur dynamique avec une hausse depuis 2010 de 46 % des ventes. On continue à avoir une hausse cette année, nous sommes l’un des rares vignobles français à connaître une augmentation à l’export”, dixit Xavier de Volontat, ce qui représente un chiffre d’affaires de 183 M€. Les ventes en Chine arrivent en tête avec une hausse multipliée par trois depuis 2010, et près de 35 M€. Celles des USA,  qui connaissent un véritable engouement pour le rosé notamment, suivent. Elles ont aussi été multipliées par trois. Le Royaume-Uni où le marché reste très compliqué poursuit sa croissance. En Allemagne, les AOC du Languedoc enregistrent une baisse de 10 % de leur CA, suite à la perte des marchés d’entrées de gamme du hard-discount. “Pour ce pays, notre repositionnement des prix n’a pas encore porté ses fruits”, explique Jérôme Villaret, délégué général. Des nouveaux marchés émergent, c’est le cas au Japon, en Corée et en Asie du Sud-Est. La performance revient aux USA avec une hausse de 150 % du prix moyen, en passant de 2,87 € à 4,28 €. Le président a terminé son intervention sur un satisfecit, grâce à une étude de Wine Trade Monitor (baromètre international des vins tranquilles), réalisée auprès de 1 100 professionnels qui font les marchés du vin, révélant que le Languedoc est la région viticole avec le plus gros potentiel. C’est ce qui ressort de la question : “Quelles sont, selon vous, les régions d’appellations européennes dont la demande va le plus augmenter sur les 24 prochains mois ?” Le Languedoc arrive donc en tête devant la Rioja et les Côtes-du-Rhône, alors qu’en 2011, il n’était qu’à la dixième place (lire notre édition du 2 décembre).
Pour conforter cette belle image, le CIVL va donc poursuivre ses actions en 2017. “On va le faire avec nos amis du Roussillon, le CIVR. Nous allons mutualiser nos efforts sur les vins tranquilles hors vins doux naturels. L’apport de nos deux structures peut donner plus de force à nos évènements”, assure Xavier de Volontat. “Nous n’avons pas les moyens de concurrencer les vins espagnols, mais nous avons cet atout des IGP de département. Maintenant il faut y ajouter de la valeur avec une appellation IGP spécifique. Le vin le moins cher de France n’existe plus. Il faut arriver à construire un message plus sexy pour le consommateur. Si on lui parle de vin de France avec une IGP géographique assurant une qualité et une traçabilité, on doit le conquérir. C’est l’un des challenges pour 2017.” 

Laurence Durand

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