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Action syndicale : Un camion de vin espagnol vidé sur la chaussée

Le syndicat des jeunes agriculteurs du Gard a organisé une action coup de poing pour dénoncer la concurrence déloyale, l’importation massive de vins étrangers et l’abus de confiance aux consommateurs avec des étiquetages ambigus et des informations dissimulées.

2017_3635-6Les Jeunes agriculteurs du Gard étaient ainsi une soixantaine, mobilisés, le 17 janvier au matin. “Les viticulteurs ne peuvent plus supporter cela alors que les caves françaises sont pleines et les cours du vin baissent”, note le syndicat.
“Nous sommes allés en premier lieu zone de Grézan à Nîmes, sur le site Prodis/Carrefour pour contrôler l’arrivée de vins étrangers”, rapporte le syndicat. “Puis nous nous sommes rendus au péage de Gallargues pour vérifier l’apport de vins étrangers en France. La mobilisation a été très efficace et nous avons vidé un camion de vin provenant d’Espagne. L’idée que nous voulons faire passer, c’est qu’il y a tromperie pour le producteur et le consommateur français. Les vins étrangers produits avec des normes différentes qu’en France et à moindre coût empêchent le viticulteur français de vendre son vin (à un prix correct pour en vivre) et il se retrouve avec des caves pleines qui n’ont pas encore trouvé d’acheteurs. Le consommateur est lui aussi trompé dans les GMS avec des noms de marque très français comme «La Villageoise» ou «Vieux pape». On retrouve au final du vin de la communauté européenne. Une tromperie qui ne devrait pas avoir lieu.”

Faible prix d’entrée des vins espagnols
Aussi, le syndicat demande une harmonisation des règles en vigueur dans l’Union européenne pour pouvoir respecter la libre concurrence dans les deux sens et permettre d’être compétitifs. Les JA protestent aussi contre le faible prix d’entrée du vin espagnol. “Ceci s’explique par le faible prix d’entrée de leurs produits sur le marché du vrac à 34 €/hl pour des VSIG alors que le vin français oscillait entre 75 et 90 €/hl courant 2016. L’Etat doit contrôler la provenance des vins importés, nous suspectons l’hispanisation d’une grande partie des volumes ne faisant que transiter par l’Espagne afin d’obtenir la dénomination VDPCE (vin de divers pays de la communauté européenne), un sigle inconnu des consommateurs.”
Enfin sur l’étiquetage, des metteurs en marché importent du vin et le commercialisent sous des noms aux accents étonnement peu ibériques : Celliers du Mazet, Vieux pape, Cambras, etc. “Ils jouent sur l’ambiguïté pour berner le consommateur en lui donnant l’apparence d’être français grâce à un nom commun, des images de châteaux sur l’étiquette et la mention de la provenance cachée à l’arrière du produit. Et la GMS dissimule ces produits au milieu de leur vaste rayonnage de vins.
La profession propose des solutions pour freiner cette mascarade trompeuse à la fois pour les consommateurs et les producteurs telles que revoir la réglementation sur l’étiquetage des vins embouteillés et des fontaines à vin afin que la mention d’origine soit immédiatement visible et compréhensible par le consommateur. Identifier la provenance dans les allées de la grande distribution et une meilleure transparence de la part des négociants et des distributeurs relativement aux volumes qu’ils achètent et qu’ils commercialisent.” Et d’ajouter : “moins de dix ans après une sortie de crise, les jeunes agriculteurs ne veulent pas retomber dans une nouvelle crise viticole qui pourrait anéantir la filière”. 

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