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Aude : Une zone tampon pour le lycée agricole de Castelnaudary

En plus de la cinquantaine d’agriculteurs qui œuvrent pour limiter les rejets de nitrates dans le bassin versant du Treboul, le lycée de Castelnaudary vient de se doter d’une zone tampon.

2017_3635-5Traversées par la rivière Treboul, les terres agricoles du lycée Pierre Paul-Riquet de Castelnaudary ont été équipées d’une zone tampon destinée à réduire les rejets de nitrates, mais aussi d’herbicides, dans le cours d’eau. Cet équipement a été inauguré le 11 janvier et entrera en fonction dès les prochaines pluies. Le dispositif est composé de deux bassins de rétention. Doté d’une capacité de 11 et 9 m3, il recueillera les eaux d’une dizaine d’hectares drainés. Le premier bassin est destiné à la dénitrification par les bactéries endémiques. Le second bassin est planté de roseaux communs, une plante résistante, notamment aux périodes de sécheresse. “Nous nous sommes aperçus que dans le Lauragais, les pollutions par nitrates survenaient principalement lors des périodes de fortes pluies, lorsque les sols sont lessivés. Le rôle de cette zone tampon est donc de réduire la vitesse de l’eau, ralentir l’évacuation de l’eau, étirer à sept jours le délai entre son arrivée sur le sol et le moment où elle repart à la rivière, pour permettre aux processus naturels de dégrader les nitrates et les herbicides”, explique Aurélien Chayre, animateur agro-environnemental de la Chambre d’agriculture de l’Aude, qui suit le projet du lycée. “Dès que nous pourrons, nous allons effectuer des mesures avec les élèves du lycée pour avoir une idée de l’abattement que nous pouvons atteindre.” Au minimum, le taux de nitrates dégradés doit atteindre 20 % avant que les eaux ne repartent à la rivière. Au maximum, la dégradation pourrait atteindre 85 ou 90 %.

Bassin de rétention et fossés aménagés
“Nous avons travaillé avec une groupe d’agriculteurs situé dans le même bassin versant. Ils sont allés chercher cette technique en Lorraine, et sont eux aussi, en train d’aménager des zones tampons. C’est probablement par la multiplication de ces équipements que nous parviendrons à réduire la présence des nitrates dans les cours d’eau de la zone”, poursuit l’animateur. D’autres aménagements peuvent concourir également à freiner la vitesse de circulation des eaux, comme l’adaptation des fossés en bout de parcelles. “On peut mettre en place des fossés à redents, en restant bien sous le niveau des drains. En créant des mini-digues, et en laissant la végétation s’y développer, on peut aussi jouer sur la vitesse de l’eau et donc sur la quantité de nitrates déversée dans le cours d’eau.” Question investissements, ils sont au final assez modérés. Entre 5 000 et 6 000 € pour les bassins de rétention quand il suffit d’une pelle pour aménager les fossés au lieu de les curer. Quant aux herbicides, dont la rémanence dans les sols et les cours d’eau est largement pointée du doigt, ils pourraient aussi subir une dégradation grâce au ralentissement des flux. “Nous n’aurons pas les moyens de réaliser des mesures sur ces molécules pour l’instant, mais nous espérons aussi gagner sur ce plan là avec l’action des roseaux, qui sont des plantes phyto-épuratrices et la photo-dégradation due au soleil.” Premiers résultats dans quelques mois !

YK

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